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Algeria - Morocco
For those who can speak/understand French, below is the editorial line from the Algerian paper "El Watan" regarding the ON-OFF relations between Algeria and Morocco.
Délire
C’est devenu un réflexe pavlovien chez les dirigeants marocains : chaque fois qu’ils ont un problème, ils pointent un doigt accusateur vers l’Algérie. Leur déroute politico-militaire face au Front Polisario ? C’est l’Algérie. Un attentat perpétré par des terroristes islamistes contre un hôtel de Marrakech fréquenté par des touristes européens ? C’est encore l’Algérie, ou plus exactement sa sécurité militaire. Aujourd’hui, c’est une nouvelle fois l’Algérie qui est mise en cause dans l’affaire de l’émigration des ressortissants subsahariens qui tentent de rejoindre l’Europe à partir du Maroc. Le monde entier a pu voir, grâce à la télévision, de jeunes ressortissants maliens, camerounais, sénégalais et autres lâchés en plein désert par les forces de sécurité marocaines sans eau ni nouriture dans le but inavoué de les envoyer à une mort certaine. D’autres jeunes ont été vus dans les bus menottés et les larmes aux yeux. Et que dit le Premier ministre marocain Driss Jettou ? Au lieu de s’en prendre aux maladresses criminelles de son gouvernement, de présenter ses excuses aux pays touchés par cette tragédie, il parle, sans craindre le ridicule, d’une « instrumentalisation par l’Algérie et le Polisario de la problématique fort complexe de l’émigration à des fins totalement déplacées de propagande ». Un rapport des services de renseignements espagnols, cité par le quotidien madrilène La Razon, révèle que « des organisations criminelles africaines qui se livrent au trafic de personnes ont réussi à établir un réseau de connexions avec divers pôles de l’autorité marocaine, réseau dont les tentacules s’étendent non seulement à des policiers, des gardes-frontières et des membres de l’armée, mais aussi à des magistrats, des procureurs et différentes sphères du pouvoir ». Mais alors pourquoi M. Jettou lance-t-il des accusations aussi graves qui ne pourront guère contribuer au réchauffement des relations algéro-marocaines ? Elles pousseront même à les envenimer. Quand il a été nommé à la tête du gouvernement, il avait pour mission principale d’œuvrer pour la réouverture de la frontière algéro-marocaine, laquelle, si elle venait à se faire, donnerait une inestimable bouffée d’oxygène à l’économie du Maroc, qui va en s’aggravant, surtout depuis le relèvement des prix pétroliers. Il a géré le sujet avec une faconde mal placée, croyant que le Maroc est une puissance à même d’imposer son point de vue à toute la région. Son échec est patent. Pour ne pas avoir à rendre des comptes et pour rester fidèle à la tradition marocaine, il n’y aurait qu’à désigner « l’ennemi extérieur ». A Rabat, c’est devenu un bon moyen de sauver sa peau et ça devient un acte patriotique de responsabiliser l’Algérie. Les dirigeants algériens ne sont pas des saints, mais il faut reconnaître qu’ils gèrent les relations avec le Maroc avec une grande sérénité. Ils ont avec eux le droit international et un monde aujourd’hui transparent qui connaît qui est qui.
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